Alors que la foule s'agite en ce monde
Deux êtres isolés prennent possession du temps
Ils l'oublient, et noient chaque seconde
Dans l'immortalité majestueuse de l'instant
Le coeur seul est le maître de leurs gestes
L'âme étant possédée toute entière
Dès lors, de sa sagesse ne reste
Que l'illusion d'une future prière
Qui rend déja honteux ces deux regards
De s'admirer sans s'être jamais connu
De réconforter leur sombre désespoir
Dans la houle de leur coeur mis à nu
Et c'est ainsi que leur visages s'accordent
Même joie, même joues rougies
Par la sueur divine de leur deux corps,
Par l'unique beauté que leur offre cette nuit.
(Aurélia)